Je me sens tout passoire...

C’est marrant, en fait mon boulot ne ressemble pas totalement à ce que j’imaginais. Je me voyais en entrepreneur déplaçant des montagnes avec ses convictions, faisant avancer les choses à la force du poignet. Et au lieu de cela, je me retrouve plutôt dans le rôle de « La grande passoire humaine ».

C’est d’ailleurs pas désagréable, hein ! Mais c’est étrange. Et stimulant à la fois.

En fait, à chaque discussion que j’ai sur mon projet, c’est comme si je me retrouvais face à un déluge d’informations, de pistes et de conseils. Et mon boulot (enfin ce que j’imagine être mon boulot) c’est de tout récupérer, et ensuite de filtrer. M’enfin sur le coup, en général, ça décoiffe . Et puis c’est pas toujours limpide-limpide… Mon projet vu par les autres Pour filtrer ces informations, j’essaye de m’appuyer sur 2 critères (subjectifs et fragiles) dont l’équilibre est assez difficile à trouver : humilité et conviction. Humilité, parce qu’il me faut admettre que je n’ai pas le monopole des bonnes idées, même sur MON projet. Et conviction, parce que c’est quand même MON projet, et que je suis le gardien de sa direction et de sa cohérence. Sur le papier, c’est facile ; en pratique, c’est coton. Mais je suppose qu’on s’améliore à force de pratiquer.

Bon, je vous rassure, je ne me sens pas QUE passoire.

Je me sens aussi un peu Patrick Bruel. Pas tellement le Patrick qui veut se casser la voix sur la place des grands hommes, mais plutôt le Patrick, joueur de poker professionnel.

Bah oui. Quand vous devez sélectionner un designer pour dessiner vos produits, alors que vous ne connaissez rien au design, ou sélectionner un fournisseur alors que vous ne bitez rien à son procédé de fabrication, c’est au choix 1) un acte de foi ou 2) un coup de poker. Vu le contexte actuel, je retiens plutôt le second qualificatif, moins polémique.

Côté designer, je me retrouve donc à devoir choisir la personne à qui je vais confier la création de ma marque avec comme seule grille de lecture… l’intuitu personae. Pas 100% rassurant. Excitant néanmoins. Côté fournisseur, les choses ne sont pas plus simples. J’ai tellement de crédibilité dans les premiers échanges, que je crois réussir à obtenir systématiquement les tarifs les plus élevés du marché pour la production d’un manche de rasoir en corne. Le côté positif, c’est que ça ne pourra que baisser.

Mais revenons à mes moutons. Une fois le designer trouvé, la priorité sera de dessiner les 5 produits que je compte commercialiser au lancement, à savoir :
. une brosse à dent (manuelle), manche en ébène, tête détachable
. un joli porte brosse à dent
. un manche de rasoir, compatible lames Mach 3, en corne de buffle
. un beau porte-rasoir
. un produit mystère trop cool

Je me permettrai d’ailleurs de vous soumettre, dans quelques semaines, des premiers dessins afin d’avoir vos avis éclairés. Si le coeur vous en dit, bien sûr.

Hop, un aperçu du reste de cette 2ème semaine en quelques chiffres :

57 euros dépensés en cafés & déjeuners pour discuter du projet
heures de rédaction des statuts de ma SAS, et 2h de relecture
23 sites web de fabricants de manche en bois consultés
1 don du sang (à l’EFS)
4 designers rencontrés dont 2 via mes recherches internet
0 invitation pour le salon Maison & Objet (vous auriez ça?)
2,5 snoozes en moyenne sur mon réveil (-35% versus 2014)
153 marques de soutien (partages, commentaires, messages,…) reçues : merci !

Bon, il va être temps que je m’y remette. Mais avant de me quitter, vous pouvez :
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