Caramba ! Cette fois, impossible d'y échapper...

Ca y est. La nouvelle est tombée. Impossible d’y échapper. Elle s’affiche sur mon écran, avec son air insolent, sans me laisser la moindre chance. J’ai pourtant tout essayé, au cours de ces 3 premières semaines de ma création d’entreprise, pour m’y soustraire : détourné le regard, changé de sujet de conversation, simulé maintes quintes de toux…

Mais cette fois, ces subterfuges seront inutiles. D’ailleurs la formulation est claire, et ne souffre aucune ambiguité.

«  Nous vous remercions de bien vouloir vous munir des documents suivants: pièce d’identité, justificatif de domicile récent, … , bilan prévisionnel. » 

Bilan prévisionnel. On me demande un bilan prévisionnel. De la famille des « Comptes de résultat & autres business plans ». Et là, pas question de tourner la tête : c’est mon banquier, dont il s’agit.

Attendez, je précise tout de suite un élément important : je ne suis pas averse aux chiffres (au contraire), j’aime excel, j’ai hâte d’avoir un beau business plan et je fais ce projet aussi pour gagner de l’argent. Mais j’aime les chiffres qui ont un sens, les chiffres solides, les chiffres qui ont de l’expérience. Le genre de chiffres longs à trouver, parfois.

Et là, maintenant, tout de suite, je n’en ai pas beaucoup, de chiffres qui ont de l’expérience. Pas de coût de production précis, pas de prix de vente arrêté, pas de taux de marge… Heureusement, j’en ai quand même un, solide, fondamental : je vise 5 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année (non, j’ai jamais dit que je ferai ça en 3 semaines…). Ça c’est du chiffre béton, non ?

Blague à part, le business plan (BP) est souvent considéré comme un incontournable lors de la création d’entreprise. Et il l’est, dans la mesure où, même sous sa forme basique, il permet d’éclairer sur la viabilité (ou non) du business qu’on veut lancer. Mais quand on le mouline trop tôt, trop en détail, on finit par passer sa vie à le retravailler, à se faire plaisir, à rajouter 10 par ici et 15 par là pour voir ce que ça fait ; alors que de toute façon, on n’a pas (encore) les bons éléments. Donc ma philosophie est : BP vient à point, à qui sait attendre.

M’enfin mon banquier n’avait pas spécialement envie d’attendre, lui. Sous la contrainte, j’ai donc fait et présenté un « PP », ou Prévisionnel Pifométrique, à la banque de mon élection (la BPCE) ; et je dois reconnaître qu’ils ont été compréhensifs à l’égard de mes réticences devant l’exercice. Ouf.

Pour compenser cette séquence « data » et retrouver un peu le terrain et l’inspiration, je suis allé rôder au Bon Marché & chez Colette (mes futurs points de vente?) et me balader – comme 300 000 autres personnes – dans le monde de l’objet, du beau, du design : le salon Maison & Objet. C’était intéressant, c’était beau, mais j’ai bien failli y rester. Littéralement. C’est tellement grand, avec tellement de halls, tellement de stands, tellement d’allées et de contre-allées, qu’après 5h à déambuler j’ai cru que je n’aurais plus la force d’atteindre la sortie. Et puis je suis tombé sur un plan, et il m’a sauvé. Re-ouf.

Le reste de cette 3ème semaine, en quelques chiffres, ça donne :

27 stands visités à Maison & Objet, dont 10 de marques nordiques (knut?)
0 bonne info trouvée sur Google sur les coûts d’acquisition moyens / secteur
1 toute nouvelle page Facebook The Morning Challenge créée (vous aimez?)
4 heures passées à faire de l’administratif (création de SAS), et 3 à faire un PP
8 rendez-vous pour discuter de mon projet (qui ont généré 5 nouveaux contacts)
2 très bonnes pièces de viande mangées (dont une chez flesh)
1 interrogation : les entrepreneurs, ils ont le droit aux vacances scolaires ?

Enfin, avant d’hypothétiques prochaines vacances, il y a encore du boulot. Allez, j’y retourne. Faites-en donc autant, tiens.

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