Post #4 - The Morning Challenge
Au début, j’ai cru que j’avais mal entendu. Faut dire que la table voisine de la nôtre, bruyante, n’est qu’à 30 centimètres. J’ai donc repris une bouchée de cette excellente brouillade d’oeufs, et lui ai demandé de répéter. Mais cette fois, plus de doute. Elle a bien dit « mai ». Elle pense que mon business doit être prêt et tourner en « mai ».

Sur le coup, je manque de faire un brouillard de ma brouillade.

Dans mes rêves les plus fous, je visais plutôt d’être prêt en juin ou juillet. Et encore, septembre semblait plus raisonnable.

Tout en commençant à suer à grosse goutte, je lui demande pourquoi « mai ». En fait, je connais pertinemment la réponse. Le 21 juin 2015, comme vous le savez tous, c’est… la fête des pères. Et pour tout businessman pragmatique, dont l’un des produits de la gamme est Le plus beau manche de rasoir en bois exotique compatible lames Mach 3 jamais mis en vente, la fête des pères est LE test marché idéal.

Sur le papier, c’est évident. Tristement évident.

En pratique, ça veut tout bonnement dire qu’il me reste 3 mois pour :
. concevoir les produits (work in progress)
. organiser et industrialiser la fabrication
. gérer la logistique
. mettre en place des canaux de vente
Et, pour ne pas assombrir le tableau, je n’évoque même pas les indispensables implications légales, financières, marketing ou RP (relation presse).

Bref, c’est un peu comme dans les films américains :
«  John, combien de temps pour rendre ce truc opérationnel ? »
– au mieux, entre 3 et 4 jours, Steve.
– impossible, John. Vous avez 2 heures. Pas une de plus.
– mais… euh … bon, d’accord. »

Oui, oui, j’entends déjà les esprits sagaces et taquins qui vont clamer « Mais enfin, ça serait trop facile, sinon ! » ou encore « C’est normal, tu t’attendais à quoi mon gros ? ». Et bien, tenez-vous le pour dit :
1. Je ne suis pas gros
2. Ça a beau être le jeu, ce n’est pas évident à entendre sur le coup

En même temps, c’est pas comme si le concept de Lean start up était LE sujet à la mode en ce moment ; aller à la rencontre de son marché le plus vite possible, fonctionner par itérations successives pour améliorer son produit… plutôt que de s’enfermer dans son coin et viser le coup parfait. C’est logique et plein de bon sens. Tenez, je crois même que je suis d’accord. Faudra juste que mes fournisseurs TPE & PME au fin fond du Cantal soient aussi sensibles que moi à la lean philosophy. Fa-cile.

Conséquence de cette petite évolution de mon planning projet, le sujet marketing / RP (aka contacter des journalistes pour avoir des articles en mai & juin sur mes produits) devient une urgence. Et c’est  que vous intervenez !

Je vous ai concocté le questionnaire (anonyme) le plus concis & cool du monde, afin que vous apportiez votre pierre à mon édifice argumentaire.

Voici le questionnaire en question : http://bit.ly/1DxsEui
Plus vous nombreux à répondre, plus moi content.

Voici en 6 chiffres le reste de ma semaine :
3 heures de brainstorm pour trouver un nom de marque
07:45 le rendez-vous le plus tôt de la semaine (j’en baille encore)
6 rendez-vous sur mon projet (on ne lâ-che rien)
1 matin très difficile après une soirée post-brainstorm au Kiez
272 euros dépensés en tout pour ma création de SAS
3 contacts de journalistes à rencontrer (z’en auriez pour moi par hasard?)

Enfin, pour terminer, je voudrais sincèrement vous remercier pour votre soutien. Merci de votre lecture. Merci de votre bienveillance.

Et à la semaine prochaine !

PS : si vous voulez lire mon aventure racontée par d’autres, rendez-vous sur cet article sur Challenges