TMC Post #7

Rien. Je ne comprends rien. Les mots fusent autour de moi, les mains s’excitent, et pourtant aucun de mes neurones n’arrive à accrocher une quelconque information identifiable. C’est un peu comme regarder Canal+ en crypté. Ou parler à un Ouzbek. Sauf que le mec en face de moi n’a rien d’Ouzbek, ni de crypté; il est juste coutelier Thiernois. Et fournisseur potentiel. Je suis mal.

Heureusement, après être parti 1 an en Amérique du Sud sans savoir parler espagnol, j’ai développé une certaine capacité à simuler un regard intelligent et à feindre la compréhension. Enfin c’est du moins ce que je crois. Ça ne fait pas avancer les choses, certes, mais ça permet de sauver les apparences…

Bon, et puis je dois admettre que j’ai un autre atout dans ma manche. J’ai Marco. O grande Marco. Le designer qui m’a dessiné mon « superbe » manche de rasoir. Conscient de la faiblesse de mon répertoire grammatical en matière de fonderie à cire perdue et autres procédés thermo-mécaniques, je lui ai demandé de m’accompagner pour ce rendez-vous important, à Thiers. Et bien m’en a pris, parce qu’il parle lui aussi en crypté, et pas que après 20h. Alléluia !

Je me retrouve donc dans le rôle d’un aborigène qui assiste pour la première fois à Roland Garros : je ne sais pas ce que je regarde, je ne comprends pas ce qui se passe, mais je tourne la tête de droite à gauche avec une cadence métronomique. Et, entre les lignes, je commence à déceler  un phénomène dont je n’avais pas mesuré l’importance. Les fournisseurs sont un peu comme des clients : ils sont sensibles à l’histoire du projet, à la beauté et l’originalité du produit et de son design. Et bien évidemment, à la crédibilité de leur interlocuteur (d’où l’importance d’être présent aux salons comme Francfort, et d’être bien accompagné).
Dans le cas présent, c’est cette sensibilité qui pousse notre interlocuteur à se creuser la tête, avec nous, pour trouver un moyen de résoudre les problèmes de fabrication que nous rencontrons. Et c’est déjà… extrêmement encourageant.

Nous repartons in fine de cette réunion avec 3 avancées majeures. Sachant que toute avancée génère en moyenne 5 nouvelles questions, que chaque question implique 3 sous-hypothèses à trancher, et qu’une sous-hypothèses sur deux me file mal au crâne : combien de dolipranes dois-je prendre à l’issue de ce rendez-vous, m’sieurs dames ?

Par chance, comme l’auront noté les amateurs de géographie, nous sommes pour l’occasion en Auvergne : je vais donc, pour notre déjeuner post-réunion, subsituter aux vertus du dolipranes celles de la gastronomie locale. Une bonne saucisse-aligot sera au moins aussi efficace que du paracétamol pour m’aider à y voir plus clair, et prendre les bonnes décisions.

C’est à ce moment là que notre voyage bascule dans l’échec retentissant.

Oui, je dis bien retentissant.

Car, mesdames et messieurs, j’étais sans savoir que le lundi, en Auvergne, TOUT est fermé. Pas un peu du tout. Pas une grande partie du tout. Même pas 90% du tout. Non. TOUT.

La situation est abracadabrantesque, rien de moins.

Au comble du désespoir, après 45 minutes d’errements désespérés et cet amer constat, nous devons trouver refuge dans un restaurant d’une zone industrielle : un restaurant… portugais.

Le reste de ma semaine en quelques chiffres :
1-0 pour la Curry Wurst de Francfort face à la saucisse d’Auvergne (par forfait)
450 euros “investis” en 10 jours à la SNCF… hors wagon bar
5 cafés par jour (+30% versus janvier – à surveiller)
1 logo en cours de création pour The Morning Company
4 repérages chez mes futurs distributeurs : Fleux, Merci, BHV Marais, Conran
2 repas dans des restos tops du 6ème : La maison du jardin &  L’Antre D’eux

Voilà pour cette semaine. Au plaisir de vous retrouver mercredi prochain !

Psssssst : cette semaine,The Morning Challenge a eu les honneurs du journal Les Echos ! Voici l’article : http://bit.ly/17WyHOJ

Et comme d’hab, pour suivre The Morning Challenge et ne rien rater de ses péripéties, c’est par ici (et c’est gratuit) !