Post #10 TMC

A bien y réfléchir, je crois que c’est ça, le terme juste : je passe mon temps à jouer au Jokari. Mais alors, autant ça me faisait marrer quand j’étais gamin, autant là, je suis un peu moins enjoué.

Parce qu’en fait, chaque fois que j’avance sur mon projet, j’ai l’impression que ça me revient dans la tronche, et sous une forme plus complexe que prévue. Je trouve un fournisseur ? Il me dégote un problème avec le design, qu’il faudrait retoucher. Je retouche le design ? 3% de changement, ça fait perdre 80% d’élégance. On trouve une solution technique ? Ca coûte deux fois plus cher que prévu. Bref : je joue au Jokari, face à Nadal. Va falloir muscler mon jeu, comme dirait l’autre.

Bon, si je fais preuve d’un chouille d’honnêteté intellectuelle, il est possible (je dis bien, possible) que je cherche un mouton à cinq pattes. Un design élégant, des matériaux de qualité, un assemblage à la main, tout ça en France ET avec un coût de revient acceptable. Chercher l’erreur. Ce mouton là, même Saint-Ex’ aurait du mal à le dessiner.

Il existe donc 3 solutions à mon problème :

1/ Je trouve le (ou les) fournisseur(s) qui vont réussir à me faire mon mouton, parce que peut-être, on sait jamais, par hasard, si ça se trouve, sans faire exprès, les yeux bandés, sur un malentendu, quelqu’un va y arriver. Quitte à ce que ça prenne plus de temps pour trouver cette (ces) personne(s).

2/ Je privilégie l’efficacité et la simplicité, je fais une ou plusieurs concessions importantes pour avancer rapidement, et sortir vite ce premier produit. Quitte à toucher à un des éléments de l’ADN de mon projet.

3/ D’un air rageur, je me lève, renverse ma chaise, balaye dans un grand geste théâtral mon ordinateur que j’envoie se fracasser contre le mur de gauche, et hurle « En 3 mois, je n’ai jamais vu un tel mouton… Dans ce pays de merde ! Ce pays ne mérite pas The Morning Company ». Quitte à ce que ça ne solutionne rien, voire que ça complique ma situation.

En fait, monter sa boîte c’est constamment trancher entre deux variables antagonistes : faire vite ou faire (très) bien. Et la tendance générale du moment, c’est de choisir de faire les choses vite. D’ailleurs, c’est pas comme si la fête des pères, c’était demain. Mais c’est quoi « vite » ? Et c’est quoi « très bien » ? Est-ce qu’un mois de plus, ça change beaucoup de choses ? Autant de vastes questions, auxquelles il me faut trouver une réponse… maintenant.

L’instant est donc dramatique. Le choix, crucial. La tension entre mes neurones est palpable (ils ne se rangent évidemment pas tous derrière la même solution). Une confrontation sourde, imperceptible mais néanmoins terrible, démarre. En silence, un combat titanesque se déroule. Les secondes s’égrainent. Les minutes passent. Mon voisin de table lève les yeux et me regarde d’un air grave ; il doit sûrement saisir l’importance du moment que je suis en train de vivre. Ou alors il a mal au ventre.

Et soudain, un éclair.

Un énorme éclair au chocolat, qui passe devant mes yeux. Mais toujours pas de réponse.

Je m’auto-suggère alors de revenir au fondement du projet The Morning Challenge ; à savoir : créer une marque pour ré-enchanter le matin. Or, objectivement, les concessions que je dois faire à ce stade, pour aller vite, mettent en danger cette promesse que portera ma marque, The Morning Company.

J’ai donc ma réponse. Et beaucoup de travail avec.

Le reste de ma semaine, en chiffres, ça donne des choses comme ça :
1 article très drôle déniché par l’appli (iphone) Hook
17 minutes max entre chaque café, pendant les 3h de formation au greffe de Paris
4 premiers chèques faits avec mon chéquier pro : émouvant &… ruinant
13 compliments sur mon logo The Morning Company (merci!)
95 jours restants avant la fête des pères
privilège : faire des réunions avec moi-même en terrasse, la journée

Comme toujours, si vous aimez, n’hésitez pas à partager. Tiens, d’ailleurs, je me sens joueur. Allez !
Je m’engage, solennellement, à payer un expresso à mon voisin du NUMA pour chaque partage Facebook de ce post. Comme ça, je ne serai plus le seul en overdose de caféine dans le coin…

Enfin, comme d’hab’, si ce n’est pas encore le cas, suivez-moi ! (via ma newsletter hebdo et sur Facebook)

A mercredi prochain.