Post #16 TMC 2

La situation est critique. La progression est de plus en plus difficile, et la fatigue commence à se faire sentir.  La pluie battante, qui nous fouette le visage à intervalles réguliers, nous rappelle l’hostilité des lieux à notre égard. Le moral est au plus bas.

Voilà des heures que nous avançons. Et toujours aucun signe de notre objectif.

Pourtant nous ne sommes pas loin, je le sens. Il faut tenir.

Mais nous devons faire vite. Derrière les nuages, le soleil décline. Il ne nous reste que peu de temps.

La prédication du Grand Prêtre des Sorciers (plus connu, en général, sous son acronyme) était pourtant claire : « De là où je ne vois pas, l’homme ne revient pas ». J’aurais peut-être dû l’écouter. De toute façon, c’est trop tard pour les regrets.

Plus que quelques minutes de jour. C’est maintenant ou jamais. Il faut trouver cet endroit.

Sur le point de capituler, je jette un dernier regard en direction de notre objectif. Un léger reflet attire alors mon oeil. Je concentre les lumières dessus, dans l’espoir de révéler, peut-être, un dernier indice.

Incroyable.

Ce n’est pas un indice. C’est beaucoup mieux.

C’est un panneau.

F_A_Y_D_I_T (lieu dit)

Alors, ça y est. Nous y sommes. Notre objectif est là, devant nos yeux. Twingo-deux-portes et moi, nous avons réussi.

Passées l’exultation du périple accompli et la prise de contact avec mes fournisseurs & partenaires, je dois me mettre au travail. Car il s’agit aujourd’hui de faire un pas décisif dans l’avancée d’un des produits phares (et complexes) de la gamme The Morning Company. J’ai nommé : le rasoir.

Premier prototype de manche taillé dans l’ébène, première simulation en plastique & acier de l’ossature centrale… les choses se mettent en place progressivement. Pour mon plus grand bonheur. Les premiers ajustements à faire apparaissent. Mais nous progressons, et c’est le principal.

Les avancées obtenues lors de cette après-midi de travail semblent confirmer le bien-fondé de ce voyage. Et pourtant, ce n’est pas toujours facile, pour un entrepreneur, de discerner le vraiment nécessaire du pas complètement nécessaire. Un aller-retour express en Auvergne pour une réunion : est-ce vraiment nécessaire ? Est-ce le meilleur moment ? Difficile à dire. En fait, à certains égards, un fournisseur, c’est un peu comme un «  date » (comme on dit dans la langue de Barack) : Si vous le voyez trop peu, il risque de vous larguer. Mais si vous passez tout votre temps avec lui, il va vite se lasser. Et accessoirement, ça risque de vous coûter un bras.

Revenons à nos vaches auvergnates. Réunion fructueuse donc. Et bonne nouvelle : 24 heures après mon voyage, toujours pas de SMS. A priori, je ne me suis pas fait larguer par mon fournisseur. C’est déjà ça.

Le reste de mi semana in a few Zahlen :
5h45… l’heure du réveil pour prendre le train, direction Vichy
5 cafés entre 7h et 10h pour réussir (péniblement) à travailler dans le train
167 euros dépensés pour une réunion de 2 heures
1 photo d’une partie du manche de rasoir (non finalisé), pour les curieux
2 rencontres passionnantes avec des lecteurs du Morning Challenge
1 interrogation oppressante : c’est qui le génie qui a inventé l‘Aligot ?

Très belle semaine à vous, et à mercredi prochain !

PS : pour ceux qui s’en inquiètent, j’ai cette fois réussi à déjeuner dans un restaurant tout à fait sympathique. Hé oui, c’était un mardi. Plus jamais je n’irai en Auvergne un lundi.

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