Post #17 TMC

Il en reste bouche-bée.

Lui qui semble si prompt à trouver des réparties cinglantes, le voilà muet. Ses pupilles dilatées et son silence trahissent mieux que n’importe quel mot sa surprise et sa curiosité.

Voilà d’ailleurs qu’il se met à bafouiller une flopée de « ça alors », quelques « hé ben ! »,  et même un « sans rire ? », entre deux gorgées de champagne.

A dire vrai, je ne le connais que depuis quelques minutes. Je ne sais même pas lequel des mariés il connait.

Mais visiblement mon annonce lui a fait de l’effet. Ce qui est cocasse, c’est que sa réaction arrive cinq minutes plus tard que je ne l’avais prévu. J’ai cru qu’elle interviendrait quand j’ai répondu à l’incontournable « Tu fais quoi dans la vie ? », par un « Je suis entrepreneur ». Hé ben non. Il a fallu attendre que je lui dise que le week-end prochain, je comptais faire « comme souvent, une randonnée en banlieue parisienne » pour obtenir cet effet.

Désopilant.

Mais à la réflexion… pas si surprenant tant que ça.

Voilà déjà plusieurs mois que je constate que le statut d’entrepreneur (en herbe, pour ce qui est de ma condition) ne constitue plus un fait marquant dans les discussions. Tout simplement, parce qu’il y en a beaucoup. Et un peu comme pour les smartphones, l’excitation qui entoure les premiers laisse maintenant place à l’indifférence propre à un phénomène de masse.

Faut-il s’en plaindre ? Sûrement pas, tant il existe de raisons de se réjouir de cette dynamique, et de ce qu’elle révèle de positif de notre société. Mais voilà, il faut néanmoins l’admettre : l’entrepreneur n’est plus ce rebelle isolé, cet aventurier solitaire qui fraye son chemin à l’écart de la société. Hé Non [soupir]. L’entrepreneuriat n’est plus synonyme de contre-culture. Ni d’accroche prometteuse en soirée [re-soupir].

Objectivement, ce n’est pas bien grave. Tant qu’il me reste mes week-ends de randonnées en banlieue parisienne pour briller en société, je m’en sortirai. Mais imaginez un peu les entrepreneurs qui vont en week-end à Deauville ou Arcachon : il leur reste quoi, eux, pour exister ?

La conséquence d’être maintenant comme tout le monde, c’est qu’on bénéficie d’un éco-système entrepreneurial plus développé que jamais : une myriade de possibilités de financement, une kyrielle d’accélérateurs & autres incubateurs, une litanie de concours de start-ups… On pourrait passer 10h par jour, 5 jours par semaine, rien qu’à remplir des dossiers et postuler.

Cette offre, devenue quasiment pléthorique, constitue pour un entrepreneur une chance incroyable… mais aussi un sérieux défi. Le risque de mal allouer son temps et son énergie, et de consacrer trop de temps aux sujets « périphériques » (versus le « core business ») est réel. Il faut donc essayer de faire preuve de perspicacité face à toutes ces tentations. Disons que c’est un peu comme une demande en mariage ; ça ne vaut le coup de se lancer que lorsque :
1/ c’est vraiment important pour le projet
2/ les chances de succès de votre dossier sont très élevées.

Bref, autant de bonnes raisons de se re-concentrer sur l’essentiel dès maintenant : mes produits The Morning Company.

Et plus exactement, le pochoir à toasts, dont j’ai le prototype entre les mains. Le bilan est sans appel. Les cadavres de 47 tartines, grillées au champs d’honneur, en témoignent. Le pochoir… n’est pas encore au point. Il va falloir affiner. Au boulot.

(Le reste / ma semaine) x quelques chiffres =
850 grammes de Jambon Iberico engloutis en 48 heures
1 nouvelle rubrique créée sur le blog : Dans les médias
3 heures passées à mesurer mes protos sous tous les angles (packaging oblige)
5 commentaires encourageants sur mon projet (dont 3 par des gens sobres)
2 découvertes stupéfiantes : les Pokemons existent encore, et y en a même un qui m’a piqué mon nom !

Très belle fin de semaine, et à mercredi prochain.

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