Post #21 TMC

«  Thomas, ça va être très très compliqué de tenir les délais, là. Il ne reste que 10 jours…
– Écoute, on n’a pas le choix. Il faut tenir la date du pré-lancement.
– Mais enfin, on n’est pas du tout sûr d’avoir tous les produits finalisés dans les temps !
– Eh ben on va se débrouiller pour faire en sorte que ça soit le cas. Allez hop !
– Pfff… »

En bien ça, figurez-vous que c’est une discussion tendue que j’ai à peu près toutes les deux heures avec… moi-même.

Oui, parfaitement.

Je dialogue avec moi-même. Et alors ?

Il y a le Thomas Paslairdebient’rendrecompte, laborieux, méticuleux (enfin un peu), qui tente de poser une à une les briques de sa gamme d’accessoires. Le Thomas qui veut bien faire les choses, et qui s’inquiète (beaucoup) de voir qu’une majorité des prototypes industrialisables de ses produits ne sont pas encore finis… à 10 jours donc de la date initialement prévue du pré-lancement.

Lui, il aimerait bien repousser le pré-lancement de quelques jours voire quelques semaines, par souci de faire les choses moins dans l’urgence. Et puis peut-être même que comme ça il arriverait à regarder un ou deux matchs de Roland Garros (parce que là, il n’y arrive pas trop).

Et puis il y a le Thomas Tristeavectondéfaitisme, acharné, un brin autoritaire, mais jovial, qui survole les problèmes opérationnels et qui ne jure que par le pouvoir de la volonté. Le Thomas qui considère que la contrainte pousse à l’efficacité, et que ne pas tenir sa deadline, c’est comme ne pas finir son verre : c’est déshonorant.

Lui, il est obsédé par le fait de faire le pré-lancement au plus vite, et il est convaincu que plus on a de temps, plus on en prend (et inversement). Et que Roland Garros, il le regardera… en 2016. Enfin sauf si Tsonga va en finale, faut pas déconner.

Bref, ces deux-là se balancent donc des répliques chaleureuses plusieurs fois par jour.

Mais le pire dans tout ça, c’est qu’a priori… j’ai besoin des deux. Un entrepreneur, particulièrement s’il est seul dans son aventure, doit essayer de trouver un certain équilibre dans sa schizophrénie pour maintenir une forme d’auto-discipline. Même quand Roland Garros passe par là (snif).

Bon, ceci dit, c’est quand même fa-ti-guant de se parler tout seul toute la journée. Et de devoir s’auto-convaincre en permanence. Parce qu’objectivement, les voyants ne sont pas tous au vert.

Voici un petit bilan, juste pour vous, à 10 jours du peut-être-pré-lancement :

Rasoir : les différentes pièces du prototype final sont arrêtées et en cours de production (normalement). Le prototype doit donc être assemblé pour la 1ère fois dans les jours qui viennent. Priez pour que l’assemblage, a priori assez complexe, ne révèle pas de problèmes… sinon c’est la cata’.
. Avancement estimé : 85%
. Niveau d’incertitude : 3,5/10

Brosse à dents : le système de fixation de la tête (en plastique) de la brosse à dents avec le manche (en bois) ayant été repensé totalement il y a 10 jours (idée fulgurante très tardive), ce produit est de loin le plus à risque. Le pouvoir de la volonté va donc devoir faire beaucoup pour lui. Les 3 éléments principaux (qui viennent d’autant de fabricants) doivent être livrés dans les jours qui viennent. Tout doit donc impérativement tomber juste au 1er coup. Miracles bienvenus.
. Avancement estimé : 65%
. Niveau d’incertitude : 4,5/10

Fer à graver le savon : aucune des deux pièces majeures du fer n’est lancée en production, néanmoins elles doivent l’être… d’ici 24h. L’assemblage est donc prévu dans les derniers jours avant le pré-lancement – ceci étant dit, normalement, celui-ci ne devrait pas révéler trop de surprises.
. Avancement estimé : 60%
. Niveau d’incertitude : 2/10

Pochoir à toast : haaaaa… bah là je suis bon. Plus rien à faire. J’ai le prototype en main. Et les doigts de pied en éventail.
. Avancement estimé : 100%
. Niveau d’incertitude : 0/10

Kit de décision du matin : pareil que le pochoir. Yeah. Bip bip. Wouh.
. Avancement estimé : 100%
. Niveau d’incertitude : 0/10

Voilà, vous savez tout. Enfin non, pas encore. Voici le reste de ma semaine en quelques chiffres :
1 excellente chanson qui me parle beaucoup cette semaine : Stop, Don’t Panic…
2 fabricants qui ont tenté de me prendre pour un gros dindon (grrrrrr)
18 ème plan B que je développe en urgence ; en cumulé, j’en suis donc au plan R
4 mn max entre l’envoi d’un email & l’appel pour savoir s’il a été bien reçu / traité
387 euros de plus ont quitté mon compte en banque (même pas mal)

Allez, Vamos ! comme dirait l’autre, et à mercredi prochain.