Post #29

11h30 : Humeur joviale, enthousiasme communicatif. Tension faible. Léger manque de caféine.

12h00 : Hausse sensible de la tension artérielle. Attention globale plus faible. Perte progressive des capacités humoristiques.

12h20 : Disparition des derniers élans d’enthousiasme. Absence de point de fixation du regard. Gargouillements du ventre.

12h45 : Mutisme prononcé. Premiers symptômes dépressifs. Absence préoccupante d’envie de café. Rythme frénétique de vérification du GSM.

Il avait dit qu’il m’appellerait avant 12h.

La commission s’est réunie ce matin : si mon dossier avait été accepté, il m’aurait déjà appelé.

Bah oui, personne n’est en retard quand il s’agit d’annoncer une bonne nouvelle. Surtout quand c’est d’un prêt de 20 000 euros qu’il s’agit. Jamais.

Bon, le plus simple, c’est encore de prendre le taureau par les cornes et de l’appeler. S’il faut trouver un plan B, autant le savoir tout suite. C’est pas comme si j’avais déjà lancé ma production…

Bref, c’est finalement à 15h que j’ai fini par le joindre, mon banquier. Autant vous dire qu’en 3h, j’ai eu le temps de passer par tout un tas d’états en « ie » : apathie, léthargie, hypoglycémie, mélancolie, queferaitBernardTapie,… Et tout ça pour : rien.

En fait, il n’avait pas eu le temps. Vraiment. De m’appeler pour me dire que mon dossier était a-ccep-té. Vu les circonstances, c’est l’excuse la plus rentable que j’ai jamais entendue. Et un immense soulagement. L’entrepreneuriat, quand on y pense, c’est un peu la norme ISO de la gestion du stress (non, je ne suis pas iso-bsédé,pas du tout…)

En pleine béatitude post-traumatique bien méritée, je reçois alors l’appel d’un de mes nouveaux fournisseurs :
«  Hé dis donc, y a déjà un autre mec qui fait la même chose que vous, non ? Pour la brosse à dents.
– Heu… comment ça ? Une brosse à dents, design, haut de gamme ?
– Oui, oui.

– [perplexe] Ben, ça me surprend quand même. Avec une tête rattachée au manche par aimantation ?
– Oui, je vous dis. 

– [perplexe ET anxieux] Vous êtes sûr ? Je pense quand même que je suis le premier sur le marché…
– Si, je l’ai vu à la télévision. 

– [plein d’espoir] Sur France 2 ? Au JT de 20h ? En juillet ?
– Oui, voilà.

– [Soulagé] Haaaaa, bah oui alors. C’est normal. C’était moi*. »

Bon, c’est pas que je veux pas de concurrents, hein. D’ailleurs, ça serait un voeux pieux. J’ai des concurrents. On a tous des concurrents. C’est d’ailleurs une bonne chose. La concurrence, c’est un peu comme le café : à bonne dose, c’est stimulant (et parfois ça permet d’éduquer le marché), mais à haute dose ça devient contre-productif. Et rien de tel qu’un positionnement et des produits « uniques » pour éviter l’overdose de concurrence… Pour cette fois, je m’en sors donc bien.

Le reste de ma semaine en quelques chiffres
128 marques de soutien pour la sortie de mon livre : merci !
20 000 euros qui rendent heureux et…
548 repas de nouilles chinoises à 1,31€ évités grâce au « oui » de mon banquier
1 nouvelle ambition : obtenir le Crédit Impôt Innovation
8 heures de recherche pour une (chouette) infographie à venir

Très belle semaine à tous, et à mercredi prochain !

* Pour ceux qui veulent (re)voir ces 5 secondes de gloire, c’est par ici, à la 44 secondes : http://bit.ly/1CKJ1Zs