Je tapotais tranquillement sur mon clavier, quand soudain une main se pose sur mon épaule.

-« Thomas Barret ? »

Je me retourne innocemment. Et je tombe… sur lui. Sur Karl. Oui, Karl. Karl Lagerfeld himself.

J’ai à peine le temps d’être surpris par son képi & son costume de policier qu’il me décoche :  » fous zetes z’en eunfractione deu la loi cheune homme ;  che fous s’arrete !« .

Bon, autant vous dire que mon rêve s’est arrêté à ce moment là. C’est d’ailleurs mieux comme ça.

Mais dans le fond, Karl a raison. Je suis en infraction à la loi. Je lui attribue sur mon site The Morning Company une phrase qu’il n’a (évidemment) jamais dite. Et ça, c’est illégal.

Il y quelques années, ma vision de la loi était simple : elle dit ce qu’on peut faire, et ce qu’on ne peut pas faire. Pas de question philosophique, pas de débat sans fin. La loi délimite le champ des possibles. Point.

Et puis, il y a eu la confrontation avec la réalité entrepreneuriale. La nécessité parfois, pour avancer, de forcer un peu le destin. La loi dit évidemment ce qu’on peut faire. Mais, vue de manière pragmatique, elle dit ce qu’on peut faire sans prendre de risque.

Attention, oulaa, j’en entends derrière leur écran qui s’écrient « Rolala, le mec, hé », ou encore « Apologie de l’illégalité ? Bravo! ». Pas du tout. Pas vraiment mon genre. Je vous rappelle que je parle juste d’une fausse citation, là. Hein. Bon.

En fait, face à l' »illégalité« , quand on est entrepreneur, il y a deux facteurs qui entrent en jeu : l’éthique & la prise de risque. L’éthique est le 1er filtre et traite 99% des cas. C’est interdit, et c’est normal – donc je ne le fais pas.

Mais dans 1% des cas, l’éthique considère … qu’on s’en fout un peu. Que ça fait de mal à personne. Mais que ça peut faire du bien au business. Alors, on passe à l’estimation du risque.

Et finalement, c’est quotidiennement que se posent ces questions : emailing, bases de données, propriété intellectuelle… Avec, dans le fond, la question de ses propres valeurs et celles de son projet.

D’ailleurs, mes valeurs me disent de franchir en cet instant même le rubicon législatif : oui, je vais prendre une bière sur mon lieu de travail. Et tant pis pour les risques.

Le reste de ma semaine en quelques chiffres :
1 chouette offre dans la newsletter The Morning Company demain
5 rendez-vous avec des investisseurs potentiels
636 consultations de mon document public de levée de fonds
3 jours de soleil pris dans le sud ouest
1 bonne nouvelle à venir jeudi prochain

Belle semaine à tous, à mercredi prochain !